POURQUOI ANGLAIS ET AMÉRICAINS NE SE COMPRENNENT-ILS PAS ?

POURQUOI LES AMÉRICAINS ET LES ANGLAIS NE SE COMPRENNENT-ILS PAS ?

« Deux nations séparées par une langue commune. » Cette phrase très souvent citée et prétendument attribuée au dramaturge irlandais George Bernard Shaw est régulièrement utilisée pour décrire les différentes manières dont les Américains et les Anglais utilisent l’anglais.

LES AMÉRICAINS ET LES ANGLAIS UTILISENT-ILS VRAIMENT DEUX LANGUES DIFFÉRENTES ?

La citation attribuée à George Bernard Shaw est souvent utilisée, cependant encore faut-il pouvoir déterminer la véracité de cette dernière et à quel point il est difficile pour ces deux nations de se comprendre l’une l’autre.

L’anglais britannique et l’anglais américain se sont beaucoup éloignés l’un de l’autre au cours des siècles depuis l’arrivée des Pères fondateurs à Plymouth Rock en 1620.

Ces divergences linguistiques peuvent mener à des problèmes de communication si en tant qu’Anglais ou Américain, on n’est pas préparé ou habitué à la façon de parler de son « cousin » d’outre Atlantique.

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POURQUOI LES EXPATRIÉS AMÉRICAINS ÉCHOUENT-ILS SOUVENT À S’INSTALLER AU ROYAUME-UNI ?

Des études ont montré que les expatriés américains ont plus de difficultés à s’adapter à la culture britannique qu’à d’autres cultures en apparence plus « étrangères » à la leur, telles que l’Arabie Saoudite ou le Japon.

Pourquoi cela ?

De nombreuses raisons peuvent être évoquées, mais la dimension linguistique joue surement un grand rôle dans ce phénomène.

Il est fréquent de voir des collaborateurs en déplacement à l’étranger expérimenter un choc culturel beaucoup plus important dans un pays en apparence « similaire » au leur. Cela peut être dû au manque de préparation ou au fait de s’attendre à ce que tout se passe bien – après tout, ils parlent la même langue !

Quelle surprise quand en tant que francophone on se rend compte que les Américains et les Anglais peinent parfois à se comprendre.

ANGLAIS BRITANNIQUE VS ANGLAIS AMÉRICAIN : UN VRAI CASSE-TÊTE

Des mots dont l’usage diffère selon le pays ou parfois même selon la région au sein d’un même pays peuvent avoir différentes significations qui ne sont pas toujours faciles à appréhender au premier abord.

De nombreuses entreprises travaillant avec des organisations britanniques et américaines pourront certainement se reconnaitre dans la confusion que génère une expression telle que : « tabling an agenda ».

En effet pour un Britannique, cela veut dire discuter d’un ordre du jour ou d’un plan d’actions; tandis que pour un Américain, ceci équivaut à retarder un plan d’actions.

Visionnez cette vidéo pour mieux comprendre comment l’anglais américain est perçu par les Britanniques.

https://www.youtube.com/watch?v=5wSw3IWRJa0

Americans Don’t Understand English – The Jonathan Ross Show

LES AMÉRICAINS ET LES ANGLAIS N’UTILISENT PAS LES MÊMES MOTS POUR EXPRIMER LA MÊME CHOSE

Ces nuances peuvent être subtiles, par exemple dans le cas d’un Anglais qui se trouve être enthousiasmé par un projet mais qui se montrera en apparence très modérément passionné par le sujet, tandis qu’un collègue américain paraîtra réellement très enthousiaste.

Cela vaut la peine de lire ce récent article qui explique la différence entre ce que dit un Anglais et ce qu’il veut réellement exprimer.

UNE LANGUE COMMUNE, DES CULTURES DIFFÉRENTES

La langue parlée comprend également des termes argotiques et des références culturelles qui ne se transmettent pas bien d’un pays à l’autre.

Ce phénomène a été abordé dans un article de la Harvard Business Review intitulé « Une langue commune n’est pas synonyme de culture commune » et qui soulignait les différences existant entre les deux pays en termes d’autopromotion.

  • Les Américains adoptent souvent une attitude très commerciale, à travers laquelle ils exposent à quel point leurs contributions peuvent être inestimables et leurs réussites sensationnelles.
  • Leurs homologues anglais se montreront vraisemblablement beaucoup plus modestes, discrets et critiques envers eux-mêmes et au sujet de leurs succès, jusqu’à se sentir souvent très mal à l’aise si ces succès étaient publiquement mis en avant.

Le véritable enjeu est de réussir à comprendre comment ces deux cultures sont susceptibles d’interpréter ces différents comportements.

Si l’on se trouve dans l’incapacité de construire un pont culturel permettant d’interpréter les comportements de chacun, il est aisé de voir apparaitre des malentendus.

COMMENT LES AMÉRICAINS ET LES ANGLAIS SE PERÇOIVENT-ILS LES UNS LES AUTRES ?

Les Américains sont susceptibles de percevoir leurs homologues britanniques comme des individus peu confiants et peut-être même peu qualifiés pour mener à bien leur travail.

D’un autre côté, un Anglais peut être amené à penser que ses homologues américains sont très imbus d’eux-mêmes et peut-être peu dignes de confiance.

UN EXEMPLE DE MALENTENDU TRÈS RÉPANDU

Les dangers liés aux références culturelles peuvent être souvent rencontrés dans les expressions empruntées au monde du sport, dans lesquelles la première culture ne comprend pas les comparaisons faites avec des références appartenant à la seconde.

Voici un exemple éloquent d’une telle situation : des Américains s’adressant à des collègues britanniques leur dirent qu’ils se trouvaient dans une « red zone » sur un sujet donné. (référence en provenance du football américain).

Les Britanniques n’ayant pas saisi la référence au football américain, ils leur répondirent qu’ils n’étaient pas certains de savoir si le fait de se trouver dans une « red zone » soit une bonne ou une mauvaise chose mais qu’ils savaient en revanche qu’il ne s’agissait probablement pas d’une référence au cricket – à la grande confusion de leurs collègues américains.

COMMENT RÉDUIRE AU MAXIMUM LES RISQUES DE MALENTENDUS LINGUISTIQUES ?

Une langue commune n’est pas synonyme de culture commune. Les entreprises peuvent réduire les risques de malentendus linguistiques en se mettant d’accord sur un ensemble de termes communs, en définissant des procédures de clarification et en réduisant au maximum l’usage de références culturelles propres à chaque culture.

Cette solution est généralement préférable au sempiternel débat portant sur quelle langue utiliser, c’est-à-dire opposer les deux arguments suivants : « Les Anglais ont exporté la véritable langue anglaise partout dans le monde » et « La majorité des gens comprend mieux l’anglais américain ».

Le risque avec ce dernier argument est que nous pourrions tous nous mettre à parler l’anglais indien avec toute la variété qui le caractérise très prochainement !

Source : PASCALE CHAUVOT 3 AOÛT 2016